 
Au fil des étapes, nous tâchons de vous présenter nos rencontres, nos coups de coeur, nos découvertes, ...
| Vidéo "Reportage France 3 sur l'étape de Dijon" |
|
| Vidéo " Etape de Lyon 2010" |
|
| Atelier " S'engager dans la Solidarité en France" |
Marine G –
Le pôle développement local de Bioforce, un exemple d’action de solidarité locale
Le Pôle Développement local de l’institut Bioforce
Le Pôle Développement local de l’institut Bioforce
Un centre de formation aux métiers de l’humanitaire et de la solidarité internationale, c’est la première image que les gens ont de l’institut Bioforce. Mais ce n’est pas que ça : il existe également un département orientation dans lequel trois pôles mènent chacun des activités spécifiques, tout en ayant un but commun : celui d’informer, de sensibiliser et d’accompagner les gens dans leur engagement solidaire. Le pôle développement local a été créé en 2006 et s’est structuré en 2007, quand nous avons intégré la politique de la ville. La politique de la ville, ce sont des financements de l’Etat, des communes, des régions et des département pour renforcer les moyens des associations et des acteurs qui interviennent sur les territoires les plus en difficulté en France.
En 2007, nous avons élaboré un diagnostique avec tous les acteurs du territoire - la commune, la région, le département, toutes les associations- pour essayer d’évaluer les besoins d’un territoire spécifique : Vénissieux, une commune qui rassemble beaucoup de difficultés. Ce n’est pas pour rien que Bioforce s’est installé là-bas, ce n’est pas pour rien qu’il existe un pôle de développement local : il y a vraiment une cohérence à intervenir à la fois à l’international et au local. De ce diagnostique, il est ressorti plusieurs choses, qui nous ont amené à travailler sur deux axes d’actions.
Renforcer les capacités des associations locales
Le premier vise à renforcer les capacités des associations locales. Nous mobilisons l’ensemble des gens en formation chez nous –il y a à peu près 140 stagiaires par an, de 20 nationalités différentes-, pendant plusieurs temps dans l’année, un peu comme des stages, et ils sont mis à disposition des associations locales qui en ont besoin. Une partie de notre travail consiste à aller rencontrer les associations, sur Vénissieux en priorité, et sur toutes les zones « Politique de la Ville » de l’agglomération lyonnaise, pour essayer d’évaluer leurs besoins et mettre à disposition des stagiaires qui aideront à renforcer les équipes. Soit en tant que bénévoles supplémentaires, soit pour les aider à monter des projets, etc.…
Par exemple, on va avoir des stagiaires qui participent aux maraudes, avec le SAMU Social. Ce sera de la collecte de couvertures, être dans les camions, aller voir les personnes sans domicile fixe la nuit pour voir si ça va, leur proposer un hébergement, ce genre de choses.
Les autres types d’activités, qui sont vraiment en soutien à l’activité associative et au projet en tant que tel, seront souvent soit des diagnostique –identification des besoins-, soit mettre en place le projet, soit faire l’évaluation pour voir ce qui marche et ce qu’il y a à améliorer.
Par exemple l’an dernier, il y a eu un projet avec le Secours Populaire pour voir si il était intéressant de monter une épicerie sociale et solidaire. Les épiceries sociales, c’est de l’aide alimentaire, sauf que les personnes ne viennent pas, comme aux Restos du Cœur, uniquement récupérer des denrées alimentaires sans devoir de l’argent. Elles rendent les personnes en difficulté un peu plus actrices de leur vie, en leur vendant des denrées alimentaires, mais moins cher. En l’occurrence, il s’agissait de voir s’il était utile de le mettre en place sur Vénissieux, s’il y avait des personnes qui allaient être intéressées par ce service. Donc les stagiaires ont fait tout un travail pour voir si c’était intéressant, si ça avait déjà été fait, comment ils pouvaient adapter ce projet à ce territoire, etc…. C’est donc l’axe 1, qui est de renforcer les capacités des associations.
Promouvoir les valeurs de solidarité et de citoyenneté auprès des jeunes
Le deuxième axe vise à promouvoir les valeurs de solidarité et de citoyenneté auprès des jeunes des quartiers populaires. Il s’est structuré à l’occasion d’un travail avec tous les acteurs - centres sociaux, ville, service jeunesse, etc-, qui nous ont expliqué avoir un problème avec les jeunes des quartiers, très « consommateurs de loisirs », mais qu’ils n’arrivaient pas à impliquer dans la vie de la commune, à les rendre acteurs et citoyens. Nous avons donc réfléchi en termes de nos savoir-faire, de nos moyens, Bioforce étant une grosse structure avec beaucoup de ressources en interne, pour mettre en place un programme. De cette réflexion ont émergés deux volets d’action.
Sensibilisation
Le premier, vise à informer et sensibiliser : mettre en place des séances de sensibilisation, essentiellement en milieu scolaire, mais aussi en structures jeunesse. Il s’agit vraiment de s’adapter au programme scolaire ou au mandat des associations dans lesquelles on intervient. On rencontre les équipes pédagogique, on essaie de définir avec elles les besoins et les sujets qui les intéressent, et ensuite on propose des séances de sensibilisation, soit par le biais de témoignages d’anciens expatriés qui ont fait des missions humanitaires et qui vont venir parler de leur vécu, soit en proposant des jeux d’éducation au développement. Pour simplifier, c’est un peu comme des jeux de rôles : chaque jeune a un rôle à tenir, et ça permet par exemple de comprendre comment fonctionne le commerce international, quelles sont les inégalités nord-sud, etc. C’est l’occasion d’aborder beaucoup de thématiques.
Le concours solidaire
Le deuxième volet a pour but d’aller un peu plus loin que cette première approche qui vise à ouvrir l’esprit des jeunes. L’idée était aussi de les accompagner dans la construction de projets. Nous avons mis en place deux actions. La première, le concours solidaire, a été mené deux années sur Vénissieux et est cette année en train de s’étendre sur l’agglomération lyonnaise. Il s’agit d’accompagner des groupes de quatre-cinq jeunes volontaires à monter un petit projet de solidarité locale. De notre côté, nous les formons pour leur expliquer comment marche un projet, quelles sont les étapes, comment rencontrer un partenaire, comment rechercher un budget,… On accompagne chaque groupe pendant six mois, et on les aide à monter le projet de leur choix : ils choisissent le thème, le public, la façon dont ils veulent intervenir, et nous sommes juste là pour les accompagner.
Pour donner un exemple, on a eu l’an dernier cinq jeunes qui avaient entre 15 et 17 ans et qui ont travaillé autour de la thématique de l’environnement, parce qu’à Vénissieux, il y a des gros problèmes de propreté, et ça les a ennuyé, eux, de voir que leur quartier n’était pas propre, qu’il avait une mauvaise image, etc…. Du coup, ils ont décidé de faire de la sensibilisation au respect de l’environnement et au cadre de vie, en créant des jeux qu’ils sont allé animer, pour expliquer comment on triait les déchets, pourquoi c’était important de faire attention à son cadre de vie auprès d’enfants qui avaient entre 6 et 9 ans. Ils ont fait une intervention qui a duré toute une après midi, et ensuite une campagne d’affichage et de sensibilisation auprès des habitants de leur quartier. L’année précédente, il y a eu un projet de jeunes qui ont fait du Break Dance, et qui ont travaillé avec des enfants demandeurs d’asile, de l’association « Forum Réfugiés ». Ils leurs ont donné des cours pour les distraire un peu et ils ont fait un spectacle pour les enfants. C’était vraiment bien, ils ont eu beaucoup de retour, c’était assez incroyable.
Accompagnement de projets de classe
A côté de cet accompagnement plus individuel, il existe un projet d’accompagnement de projet de classe, qui prend en compte les équipes éducatives pluridisciplinaires en règle générale -prof d’histoire, d’éco, de français…-, pour créer un projet de classe. Encore une fois nous venons en soutien sur la construction du projet, pour leur expliquer la marche à suivre, les sensibiliser sur la thématique qui les intéresse et les aider à monter le projet de leur choix. Ce sont eux qui choisissent ce qu’ils ont envie d’aborder, etc. On les suit durant toute une année scolaire, pour avoir une réalisation concrète à la fin, ce qui est très important pour ces jeunes : s’il n’y a pas quelque chose de palpable au bout, ils n’arrivent pas à comprendre l’intérêt de la chose, ils ont l’impression que c’est un échec, que ça n’a pas marché,…
En somme, le développement local, c’est parvenir à dynamiser un territoire en rendant les gens avec qui on travaille acteurs de celui-ci. Les amener à prendre en compte le rôle de citoyen qu’ils peuvent avoir, leur montrer qu’ils ont des choses à faire et que l’on compte sur eux. Et y associer les institutions, les associations, les habitants, les jeunes, les personnes âgées,...
Altaï D –
Le volontariat Associatif
« Bonjour, je m’appelle Altaï, j’ai 27 ans, j’ai effectué un Volontariat Associatif pendant un an et demi, dans une association qui s’appelle le Service de Coopération et de Développement (SCD). C’est une association de solidarité internationale, dont le siège est en France, à Lyon, et dans laquelle il y a à la fois des salariés, des volontaires, et des bénévoles. Pour vous expliquer un peu mon parcours, j’ai fait des études de philosophie et ensuite de sciences politiques. C’était un master qui était orienté sur les relations internationales, la géopolitique, les actions des ONG, vers le monde de la solidarité internationale. Une fois les études terminées, j’avais ce désir de travailler dans une ONG, c’est à ce moment qu’on se rend compte qu’il y a beaucoup de gens qui souhaitent le faire, et qu’il y a beaucoup de formations de ce type là en France. C’est toujours l’éternel problème de l’étudiant quand il fini ses études et qu’il n’a pas encore d’expérience : comment trouver son premier emploi, son premier poste dans un domaine déterminé. Je me suis heurtée à ce problème, et je suis tombée un jour sur une offre de volontariat associatif du SCD où j’ai été embauchée.
Le statut de volontaire associatif
Le volontariat associatif c’est intéressant parce que c’est un tremplin pour rentrer dans ce milieu. Il n’a pas de limite d’âge, mais il demande un certain niveau de formation, de diplômes, sans forcément l’expérience que l’on demande sur d’autre type de contrat. Selon moi, c’est vraiment un tremplin pour acquérir cette première expérience dans le domaine de la solidarité internationale.
Quand on est volontaire, on n’est pas salarié donc on n’a pas les même responsabilités, ni la même autonomie. Cela étant, il donne l’occasion de faire des choses très intéressantes qui vous donneront des compétences et des qualifications pour la suite.
Les tâches
Je me suis occupé au sein du SCD de la vie associative. En soi, le SCD n’est pas tourné vers la France, puisque son rôle est d’envoyer des volontaires de Solidarité Internationale -encore un autre statut de volontaire -. Il s’agit de recruter, de former, d’envoyer des gens et de les suivre sur le terrain, c’est le travail des salariés du SCD. Ensuite, comme toute association, même si on est tourné vers l’international, il nécessite quand même une vie associative, particulièrement en Région Rhône Alpes, au siège de l’association, mais aussi ailleurs en France, pour se faire connaître et faire connaître et défendre le statut de volontaire. Donc la vie associative est importante même dans une ONG internationale.
C’est cette vie associative dont j’avais la charge. L’une de mes principales missions, c’était de coordonner des travaux pour aboutir à un texte important pour l’association : le projet associatif. Il explique ce qu’est le SCD, quels sont ces objectifs, son histoire, ses méthodes, etc. On m’a demandé de coordonner le comité de pilotage qui s’occupait de ce travail là, d’organiser des débats avec les adhérents partout en France, de faire des questionnaires, de faire la synthèse de toutes les propositions, de proposer différente versions de texte, etc. Ce fut une de mes principales missions.
Je me suis aussi occupé du réseau des relais régionaux, le SCD ayant beaucoup d’anciens volontaires de retour en France. C’est un réseau dans lequel chacun représentant le SCD un peu partout. J’en avais la charge : essayer de le dynamiser, de faire en sorte qu’il se passe réellement des choses au niveau de la France à travers le SCD. A côté de ça, j’avais aussi plusieurs autres tâches : aider à l’organisation d’évènements, etc...
Ce qui a été très intéressant pour moi, c’est cette variété : j’ai appris à la fois à coordonner des travaux, à organiser et animer des réunions, à organiser des évènements,… J’avais ce statut de volontaire, qui n’est pas le même que celui de salarié, comme je le disais, ce ne sont ni les même responsabilités, ni les même tâches, mais c’est quand même une réelle expérience de travail, que je peux valoriser par la suite et qui vous donne une chance de trouver un emploi dans une ONG. Certains d’entre vous veulent peut être travailler dans une association. Si vous n’avez pas encore d’expérience dans ce domaine là, ça peut être intéressant de postuler sur des offres de volontariat associatif. Cela peut être pour vous la porte d’entrée vers ce milieu.
Plus d'information sur le volontarariat sur http://www.france-volontaires.org/
|
| Étape de Lyon Forum des Métiers et de l'Emploi dans l'Économie Sociale et Solidaire |
|
Pour la seconde année le Tour de France Humanitaire a participé à ce forum organisé par la Chambre Régionale d'Economie Sociale et Solidaire de Rhône-Alpes et Alternacom
2 jours, 88 exposants, 2900 visiteurs, 6 conférences,9 ateliers, 13 scènes d’improvisation voici les chiffres de cette édition très reussie !
12
de nos partenaires etaient présents à nos cotés : Action Contre la Faim, France Volontaires, Concordia, la Délégation Catholique pour la Coopération, l'Adice, Handicap International, Service de Coopération au Développement, Concordia, Project Abroads, Jeunesse et Reconstruction, Solidaire du Monde et Ong Conseil.
Lors de ce forum nous avons realisé deux ateliers "Comment travailler dans la Solidarité en France" et "Partir en Volontaire de Solidarité Internationale"
La conférence "Les métiers de la Solidarité" a été l'occassion d'échanges très riches avec le public. Je vous laisse découvrir ci dessous les témoignages qui ont ponctué cette conférence.
DCC Aurélie R
« Je suis Aurélie, ancienne volontaire de la Délégation Catholique pour la Coopération, et correspondante sur Lyon du réseau des anciens volontaires de la DCC.
La DCC
La Délégation Catholique pour la Coopération est une association qui a été créée en 1967, reconnue d’utilité publique, agréée par le ministère des affaires étrangères. Je sais qu’on me posera la question à un moment donné, donc catholique parce qu’elle a été créée par les évêques de France et des congrégations missionnaires, mais elle est ouverte à tous et à toutes. Le projet de la DCC est de soutenir des projets de développement et de promotion humaine initiés par des acteurs locaux. Elle répond à des demandes d’acteurs locaux qui ont besoin de compétences spécifiques pour aider à soutenir un projet, faire vivre un projet, créer un projet. Elle ne répond pas à des missions d’urgence, il s’agit uniquement de développement.
Le statut de Volontaire de Solidarité Internationale
La DCC propose aux volontaires des missions longues, de deux ans généralement, sous le statut de volontaire de solidarité internationale. C’est un statut qui ne peut être utilisé que 6 ans, pour lequel il faut avoir plus de 21 ans, partir hors du continent européen, et qui garanti plusieurs avantages : une couverture sociale, la cotisation pour la retraite. C’est un motif légitime de démission, donc quand on décide de partir en volontariat on peut toucher les Assedic si on était salarié précédemment. Le volontaire de Solidarité Internationale n’est pas un bénévole : il reçoit une indemnité et il est logé, nourrit, blanchi, on lui paye son billet d’avion aller-retour. Son indemnité ne lui permet pas de s’enrichir, mais simplement de vivre de manière modeste et normale dans le pays qui l’accueille (à la DCC, c’est de l’ordre de 100 euros mensuel en Afrique par exemple). De plus, le volontaire de solidarité internationale bénéficie d’une formation. Avec la DCC, c’est une formation de deux week-ends et un stage de départ de dix jours. Nous suivons également les volontaires sur le terrain, en envoyant par exemple un chargé de mission tous les ans, qui rend visite à chaque volontaire. La DCC reste présente pour les volontaires, pour toutes les questions d’ordre administratives, etc.… Enfin, elle accueille le volontaire à son retour lors d’une session de retour sur son expérience, d’aide à la recherche d’un emploi, etc.… Voilà un peu pour le statut du volontaire.
Les domaines d’action
La DCC n’a pas une spécialisation pour les domaines dans lesquels elle envoie ses volontaires, globalement, ce serait l’éducation et l’enseignement, la santé, les droits de l’homme, l’animation socio culturelle, le développement rural, la gestion et le développement économique, l’ingénierie, construction. Il peut également avoir des choses très spécifiques, hors du commun, selon la demande des acteurs locaux, et des profils de volontaires. Au niveau local, la DCC travaille avec beaucoup de diocèse ou de congrégations religieuses, des associations, des Caritas, voir même des directeurs d’école, etc.
Le profil des volontaires
LA DCC accueille la plupart du temps des célibataires mais peut accueillir également des couples, mariés ou non, avec ou sans enfants. Il n’y a pas de diplômes, pas d’expérience requis, certains partent jeunes diplômés, d’autre avec 50 ans d’expérience derrière eux, la DCC demande juste d’avoir des compétences : des compétences spécifiques dans l’éducation, la santé, la gestion de projets, etc… La DCC va surtout s’intéresser lors du processus de recrutement à ce qui pousse le candidat à vouloir partir à l’étranger pour une mission de solidarité internationale. Est-ce que c’est une fuite, c’est pour sauver le monde, ou juste l’idée d’être utile, de mettre ses compétences au service d’associations,…
Le processus de recrutement
Au niveau du recrutement, vous pouvez aller sur le site internet de la DCC (www.ladcc.org) et envoyer votre candidature (CV et lettre de motivation), par la suite la DCC vous enverra un dossier à remplir pour que vous puissiez détailler vos expériences et surtout vos compétences. Une fois le dossier renvoyé, la DCC vous convie à deux week-end : un week-end de sensibilisation à l’interculturel, et un week-end dit de sélection, de construction du projet, où la DCC va se présenter et apprendre à connaître chaque candidat, ses compétences, ses projets, ses souhaits, ses désirs. Plus tard la DCC propose des missions, des postes en essayant d’être le plus juste entre le profil du candidat, ses compétences, ses souhaits et le profil demandé par le partenaire local. Quand le candidat a accepté sa mission, il participe à un stage obligatoire de 12 jours qui permet à tous les volontaires de se rencontrer, de rencontrer les volontaires qui vont partir dans le même pays et qui permet aussi de se mettre au point sur le domaine d’intervention.
Mettons que je parte comme professeur de français, je vais me rassembler avec tous les professeurs de français pour avoir une formation abordant le fait d’être professeur de français à l’étranger, les outils dont je peux avoir besoin, les projets que je peux mettre en place, etc. J’aurais aussi beaucoup d’informations sur le pays dans lequel je vais être envoyé : situation géopolitique, situation culturelle et religieuse. Et enfin des ateliers sur la gestion des conflits, la gestion des risques, toutes les notions administratives, de santé, etc. qui sont importantes.
Enfin, quand le volontaire part, il est suivi par la DCC tout au long de ses deux ans de mission, et accueilli par la DCC à son retour pour un week-end, une session de retour, de relecture de son expérience.
Bérangère L
« J’ai fait mes études à Lyon, à l’école 3A, qui demande un stage de fin d’étude…
Atlas Logistique
A l’époque il existait une petite association lyonnaise qui s’appelait Atlas Logistique, qui a ensuite fusionné avec Handicap International. Je suis allé faire mon stage de fin d’étude chez Atlas Logistique pendant 6 mois, où j’ai travaillé à la communication avec les programmes, et ensuite au contrôle de gestion. Après mes six mois de stage, ils m’ont envoyée sur le terrain, en Indonésie, deux ans après le Tsunami, sur un poste de logisticien-administrateur. A cette époque, il y avait beaucoup de fermeture de projets, donc beaucoup de fin de contrat à faire, d’archives, de comptabilité à renvoyer en France. L’administrateur logisticien agissait autant sur la partie administrative -faire des archives, terminer les contrats des fournisseurs-, que sur la partie logistique -fermer des bases, rendre les locaux et rapatrier le matériel,…-.
J’ai été reconduite pendant trois mois, mais cette fois en tant qu’assistante desk. Ca n’a pas toujours la même appellation selon les ONG, mais c’est la personne qui est responsable des programmes sur le terrain, le référent dans tous ce qui est suivi des projets en cours ou à mettre en place.
« Enfants du monde, Droit de l’Homme »
J’ai ensuite cherché du travail, et j’ai changé d’ONG puisque j’ai été recruté par « Enfants du Monde, Droit de l’Homme ». C’est une ONG située à Paris, et essentiellement axée sur l’accompagnement et la défense des droits de l’enfant. J’ai passé trois mois au Darfour, à El-Facher, au nord du Darfour, où l’ONG travaillait dans un des camps de réfugiés autour de la ville. Il y avait 300 volontaires, environ 3000 enfants dans les centres de « Enfants du Monde Droits de l’Homme ». C’était assez intense, il y avait beaucoup de monde. Je suis partie sur le poste d’administrateur logisticien, j’étais donc en charge de la logistique de la base, et également du côté administratif, financier et RH.
Suite à ces trois mois au Darfour, je suis partie au Sud Soudan pour trois mois. Donc changement de contexte, on passe du Nord Soudan au Sud Soudan, c’est différent. Le Darfour, c’est quand même une région en guerre, avec un contexte de sécurité assez difficile ; le Sud sortait de la guerre, donc ils étaient dans une phase de reconstruction et de développement. Les projets étaient à plus long terme, avec un suivi des enfants en conflit avec la loi, dans les prisons, des projets d’insertion professionnelle pour les enfants des rues, et un centre de promotion pour tout ce qui était droits de l’enfant, axé sur la promotion de l’éducation des filles.
Le concours Technicien en Eaux et Assainissement
Suite à cette année passée au Soudan, qui était assez diversifiée en termes de missions, je suis rentrée en France. Là j’ai fait une pause de 6 mois. J’ai présenté le concours Technicien en Eaux et Assainissement, une des formations que propose Bioforce. C’est une formation courte qui dure 4 mois. Elle a pour but de former des techniciens en eau, hygiène et assainissement. Dans le milieu de l’humanitaire, on appelle ça plutôt les WASH, chef de projet WASH. Au bout de ces quatre mois à Bioforce, de mars à juin dernier, j’ai été recrutée par Action Contre la Faim.
Action Contre la Faim
Le 4 septembre, j’ai été envoyée en urgence en Éthiopie, où il y avait une grosse crise de choléra, qui avait atteint Addis Abeba. Le gouvernement ouvrait un peu ses portes aux organisations internationales, pour prendre en charge ces cas de choléra dans la ville d’Addis Abeba et dans les régions qui avaient été contaminées par l’épidémie. Je suis partie avec ACF, afin de voir si on pouvait ouvrir une mission pour apporter un support à la prise en charge des personnes atteintes par le choléra et aider les centres de traitement de choléra pour ce qui concernait l’accès à l’eau, la sanitation et l’hygiène si nécessaire. C’était surtout pour mettre en place un plan de contingence pour les bureaux d’ACF présents en Éthiopie, qui sont au nombre de trois, en terme de stock et de réponse à une prochaine épidémie.
Quand je suis rentré au siège d’ACF, ils m’ont proposé de repartir la semaine suivante à Ouagadougou, au Burkina Faso, où de fortes inondations ont touché le pays en septembre. A peu près 50000 foyers dans la ville de Ouagadougou ont été complètement détruits, des maisons qui sont construites en banco -de la boue et de l’argile-, et qui, en cas de fortes pluies, s’écroulent. Plus de 50000 familles étaient donc à la rue. Des camps de déplacés ont alors été montés, dans lesquels ACF avait la charge de tout ce qui était accès à l’eau, à la sanitation, -construction de latrines, de douches et d’aires de lavage-, jusqu’à ce que ces personnes puissent retrouver un cadre de vie équivalent à celui qu’elles avaient avant les inondations. C’est un projet qui est toujours en route, l’équipe d’ACF est encore au Burkina pour continuer à suivre ces personnes dans le retour à leur vie après avoir perdu et leurs habitations
|
|